Saartjie Baartman, parfois prénommée Sarah Baartman, de son vrai nom Sawtche, née vers 1788-1789 dans le Cap-Oriental (Afrique du Sud) et morte le 29 décembre 1815 à Paris, est une femme khoïsan réduite en esclavage et exhibée en Europe pour son large postérieur, où elle était connue sous le surnom de « Vénus hottentote ».

Son histoire, souvent prise pour exemple, est révélatrice de la manière dont les Européens considéraient à l’époque ceux qu’ils désignaient comme appartenant à des « races inférieures1 ». Elle symbolise également la nouvelle attitude revendicative des peuples autochtones quant à la restitution des biens culturels et symboliques ainsi que des restes humains qui figurent dans les musées du monde entier.

Vendue à un marin anglais, elle arrive en Europe en 1810. Pendant cinq ans, Saartjie Baartman (La vénus noire) a été exhibée comme une bête curieuse dans les foires et les salons d’Angleterre et de France où des milliers de badauds venaient voir le sexe, les seins et les fesses protubérants de celle qu’on appelait la vénus Hottentote. Elle se faisait tâter, violer et toucher avec des parapluies et autres objets pointus. Elle fut examinée par un zoologue (cuvier) à paris qui la rangea dans son Livre l’histoire naturelle des mammifères. Livre, censé regrouper des animaux vivants. A sa mort en 1815 , un des plus grands naturalistes français, disséqua son corps, son cerveau et ses organes génitaux furent conservés dans du formol. Son corps fut moulé et exposé pendant près de deux siècles au musée de l’Homme de Paris. Le seul péché de Saartjie Baartman fut celui d’avoir eu des formes généreuses comme toutes les belles femmes noires. En 1994, quelque temps après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, les Khoïkhoï font appel à Nelson Mandela pour demander la restitution des restes de Saartjie afin de pouvoir lui offrir une sépulture et lui rendre sa dignité. Cette demande se heurte à un refus des autorités et du monde scientifique français au nom du patrimoine inaliénable de l’Etat et de la science. Ce n’est qu’en 2002, après le vote d’une loi spéciale, que la France restitua la dépouille à l’Afrique du Sud.Tabo M’Beki président en exercice de l’Afrique du sud (en 2002) dira lors du retour de la dépouille de Saartjie Baartman : « Ce n’était pas cette africaine privée de son identité et de sa patrie qui était la barbare, mais ceux qui l’ont traité avec une brutalité de barbares. »

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