Située sur les rives de la mer Rouge, la future zone franche internationale doit faire du pays un carrefour du commerce entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.
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Après le lancement de trois ports ultramodernes et d’une ligne de chemin de fer transnationale en 2017, le pays situé dans la corne de l’Afrique inaugure sa zone franche internationale.

Présentée comme la plus grande zone commerciale d’Afrique, la Djibouti International Free Trade Zone (DIFTZ) a été inaugurée ce jeudi 5 juillet par le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh en présence de plusieurs chefs d’État du continent et des acteurs économiques d’envergure. En effet, le petit État de 23 200 km2, situé à l’extrémité de la corne de l’Afrique mise tout sur sa situation stratégique à l’entrée de la mer Rouge, à la croisée des routes du commerce mondial entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Les produits qui transitent par Djibouti sont aussi divers que le pétrole (10 % du transit mondial) ou l’aide alimentaire (500 000 tonnes en 2015) en direction de la sous-région.

La mer, un atout de taille pour Djibouti

Aujourd’hui, 90 % du commerce mondial s’effectue par voie maritime. Or Djibouti est bien placée le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez. Le pays est également la porte d’entrée vers les pays enclavés de l’Afrique de l’Est. Parmi eux, l’Éthiopie, dont l’économie enregistre l’une des plus fortes croissances du continent. Il faut savoir que plus de 90 % du commerce éthiopien transite par Djibouti, ce qui représente 70 % de son PIB. Les deux pays ont ainsi renforcé l’accès direct l’un à l’autre (plus que 12 heures en train) par la mise en service d’une ligne de chemin de fer direct reliant Addis-Abeba au port de Djibouti.

 ©  Djibouti Port and Free Trade Zone Authority
La phase pilote lancée ce jeudi une zone d’une superficie de 240 hectares, est le résultat d’un investissement de 370 millions de dollars et regroupe trois bâtiments fonctionnels situés à proximité des principaux ports de Djibouti. © Djibouti Port and Free Trade Zone Authority

Mais ce n’est pas tout. Ce jeudi, le président djiboutien a clairement affiché ses ambitions en direction de pays comme le Soudan du Sud, la Somalie ou encore l’ensemble des pays de la région des Grands Lacs avec en vue la construction de pas moins de deux aéroports.

D’ailleurs, le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmajo » présent lors de la cérémonie a parlé de cette zone franche comme d’une « victoire pour l’Afrique de l’Est ». Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

En chiffres : la première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares. Une fois terminé, ce projet de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), dont la construction est prévue pour durer 10 ans, devrait s’étendre sur 4 800 hectares, ce qui en ferait la plus grande zone franche en Afrique. « Le volume de produits arrivant en Afrique de l’Est ne cesse d’augmenter. À chaque fois qu’un produit arrive sur le continent sans avoir été transformé, c’est une opportunité manquée pour l’Afrique », a estimé Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA).

 ©  Djibouti Port and Free Trade Zone Authority
Plus de 90 % du commerce éthiopien transite par Djibouti, ce qui représente 70 % de son PIB. © Djibouti Port and Free Trade Zone Authority

Attirer des investisseurs encore frileux

En termes d’avantages, la zone de libre-échange doit permettre à des sociétés étrangères d’installer des industries de transformation dans la zone franche, pour ajouter de la plus-value aux produits plutôt que simplement importer ou exporter des matières premières. En échange, ces entreprises étrangères seraient exonérées de taxes et bénéficieront d’un soutien logistique renforcé. D’autre part, Djibouti a déjà inauguré en 2017 trois nouveaux ports dans le cadre de son projet plus global. Ainsi connecté, le pays devrait diversifier son économie, créer environ 15 000 emplois directs et indirects et attirer plus d’investissements.

Reste que pour Djibouti le plus dur reste à faire. Car le pays ne bénéficie toujours pas d’une bonne image auprès des investisseurs. son président Ismaël Omar Guelleh est au pouvoir depuis 20 ans et son régime paraît comme l’un des plus autoritaires du continent avec aucune opposition en interne et des élites en fuite. Et puis dans les faits, le pays qui aime à se présenter comme un pays de services ne progresse que très peu dans les classements mondiaux. Il est 154e au classement Doing Business 2018. Ces dernières années, les choses tendent vers le changement avec une certaine ouverture en direction des investisseurs étrangers chinois, dont les prêts ont permis de financer les récents projets d’infrastructures – américains ou encore français. Ainsi en octobre 2017, certains membres du Conseil français des investissements en Afrique (CIAN) se sont rendus sur place pour prospecter. « La logistique, les infrastructures, l’agroalimentaire…constituent autant de secteurs rentables à Djibouti. Nous travaillons donc en vue d’une installation prochaine et rapide de nos entreprises qui ont un savoir-faire et une expertise mondialement reconnus dans les domaines cités », avait précisé le directeur délégué, Étienne Giros formant le vœu d’une « prompte collaboration économique » entre les entreprises françaises et Djibouti.

Car pour l’instant le gouvernement djiboutien bénéficie de la clémence de la communauté internationale dont plusieurs pays ont installé leur base militaire sur place. La France et les États-Unis disposent déjà de bases militaires à Djibouti, dernière colonie française devenue indépendante en 1977. La Chine affirme son ancrage dans le pays avec sa seule base navale à l’extérieur du pays dont l’objectif est « la lutte contre la piraterie, la sécurisation du détroit de Bab-el-Mandeb, et surtout la sécurisation des navires chinois qui passent par ce détroit ».

source : le point afrique

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