Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur

Coordination de l’Université Assane Seck – Ziguinchor

                   Déclaration
Le “puissant” Ministre des Finances signe le décret de mort de l’autonomie financière des universités publiques sénégalaises

Non content d’être la cause principale du ras-le-bol des étudiants ayant entraîné la mort de leur camarade Fallou SENE le 15 mai 2018 à l’UGB de Saint-Louis, le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan revient à la charge en espérant, cette fois, signer le « DÉCRET DE MORT » des universités publiques du Sénégal.
En effet, par lettre circulaire datée du 28 juin 2018, le Directeur Général de la Comptabilité Publique et du Trésor informe ses services sur les dispositions concernant les nouvelles procédures d’exécution des opérations financières des agences, établissements publics et structures similaires. L’application de cette mesure aux universités publiques entraine la perte totale de leur autonomie financière. Ainsi, toutes les recettes générées (fonds compétitifs, fonctions de service etc.) par les universités seront centralisées sur le compte unique du Trésor Public. De même, l’intégralité des dépenses des universités sera soumise à l’arbitrage du « puissant » Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan.
La coordination SAES de l’UASZ considère que l’application de telles dispositions va à l’encontre de la tendance actuelle de la gouvernance des universités, qui vise à donner davantage d’autonomie aux institutions d’enseignement supérieur.
Ce qui revient à souligner que cette mesure décrète, de facto, la mort subite des universités publiques du Sénégal.
La coordination SAES de l’UASZ rappelle que, conformément à l’article 2 du décret n° 2008-537 du 22 mai 2008 portant création, organisation et fonctionnement de l’Université de Ziguinchor, l’UASZ est un établissement public à caractère administratif, doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière.
Par conséquent, elle n’acceptera, en aucun cas, qu’une quelconque mesure, visant à remettre en cause ces autonomies, soit illégalement prise et sournoisement appliquée.
L’UASZ constate avec amertume et ahurissement qu’elle est, à ce jour, le seul établissement d’enseignement supérieur public frappé par cette nouvelle directive. Elle sert donc de cobaye, et nul ne sait à quel titre elle est choisie pour être la première victime de cet excès de zèle du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan. La pilule est encore plus dure à avaler lorsqu’on apprend que toute cette manigance est faite uniquement pour respecter les clauses d’un fameux programme conclu avec le FMI.
Cette situation plonge l’UASZ dans une inextricable complication procédurière, qui ôte à ses dirigeants la latitude d’engager des dépenses, si minimes soient-elles, même si des urgences sont signalées.
La coordination déplore que la disposition soit prise par le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan de manière autoritaire et unilatérale, sans associer ou sans en informer, en amont, l’administration rectorale de l’UASZ et les partenaires sociaux, tous mis devant le fait accompli.
La coordination SAES de l’UASZ rappelle que les universités sont assez matures pour faire elles-mêmes les arbitrages financiers qu’imposent leurs budgets insuffisants ; d’autant plus qu’elles sont plus aptes à situer leurs priorités, notamment quand il s’agira de dépenses en relation avec l’enseignement ou la recherche scientifique.
La coordination SAES de l’UASZ condamne le comportement du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan qui, par cet acte, fait preuve de beaucoup d’insolences procédurières.
La coordination SAES de l’UASZ prend à témoin l’opinion nationale et internationale pour que les responsabilités des perturbations, qu’une telle mesure pourrait engendrer dans le fonctionnement des universités sénégalaises, soient situées.
Alors que ce Ministère n’a pas fini de tirer toutes les conséquences du drame qu’il a créé à l’UGB, il est en train de semer allègrement les graines d’une nouvelle crise qui pourrait être encore plus douloureuse que toutes celles jamais vécues par l’enseignement supérieur.
C’est la raison pour laquelle la coordination SAES de l’UASZ répondra énergiquement à l’appel au combat qui vient ainsi d’être enclenché contre le bon fonctionnement des universités du Sénégal.

Fait à Ziguinchor, le 05 juillet 2018

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