Le Collectif des Jambars, formé de rescapés du crash de l’avion militaire sénégalais lors de la guerre du Golfe en 1991 et de veuves de soldats décédés dans l’accident, réclame leur argent à l’État. Selon l’Ong Jamra, qui révèle le scandale, des “preuves accablantes confirment la déclaration du général Joseph-Louis Tavares de Souza que les Nations-Unies ont bel et bien envoyé l’argent au Sénégal mais l’État ne l’a pas reversé aux rescapés et veuves des soldats qui ont participé à la guerre du Golfe 1990-1991”. Le Collectif a fixé un délai de 30 jours à tous les responsables concernés par ce drame pour entrer dans leurs droits. Quatre vingt dix sept soldats sénégalais sont décédés dans l’accident.

À 3 ans de la prescription civile de cette affaire, les soldats accompagnés de leur avocats, Mes Assane Dioma Ndiaye et Abdoulaye Tine, menacent, le délai passé, de saisir Antonio Guterres, Secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies (Onu).

Me Tine qui a animé ce mercredi 20 juin une rencontre pour évoquer ce dossier, à donner le ton : “Dans toutes les affaires, il y a un temps pour la négociation, mais aussi un temps pour l’action. Là, nous sommes à la croisée des chemins. Nous sommes obligés de nous rendre à l’évidence. C’est qu’il y a un manque de volonté politique par rapport à ce dossier. À partir d’aujourd’hui, nous nous donnons ce délai pour agir. Nous avons approché les acteurs de manière informelle pour connaître la réalité et les positions des uns et des autres sur le dossier. Aujourd’hui, ils ont été déployés sous le commandement des Nations Unies d’une certaine manière, parce que c’est une résolution de l’Onu qui était à la base. Ce qui veut dire que les Nations unies sont débitrices vis-à-vis des familles et des Jambars, a expliqué l’avocat.

L’État du Sénégal, l’Onu et l’Arabie Saoudite pointés du doigt
“Par rapport au dossier, on nous dit que les Nations Unies ont versé. Nous allons poursuivre les investigations pour savoir exactement est-ce qu’elles ont versé ? Où ont-elle versé ? Et quand . L’Arabie Saoudite aussi d’après les informations que nous détenons dit qu’elle a fait le nécessaire. Il faut aussi mener les investigations pour situer les responsabilités et pour savoir effectivement si les autorités saoudiennes ont versé des montants quels étaient les chapitres visés et est-ce-qu’ils ont été exécutés conformément à nos règles de finances et de comptabilité publique. Pour toutes ces raisons, nous nous donnons ce délai pour agir”, souligne l’avocat. Qui entend par là s’adresser directement au Secrétaire général des Nations Unies.

“Saisir les juridictions internationales pour faire condamner l’État du Sénégal au besoin, en cas de résistance abusive parce que 27 ans au-delà même de l’indemnisation réclamée, le préjudice engendré est incommensurable. Mais, d’ici là, nous allons, dans une dernière tentative, saisir le président de la République qui est le Chef suprême des Armées sénégalaises”, a indiqué Me Tine.

“Nous ne réclamons que nos droits”
“Il ne faut pas qu’on nous dise que ce n’est pas son régime mais celui de Abdou Diouf. Aujourd’hui, le président Macky Sall a la possibilité de régler ce dossier. Les ayants droits et les Jambars ne demandent pas qu’on leur verse des montants qui ne leur sont pas dus. Ils ne demandent que leurs droits, rien que leurs droits, mais tous leurs droits. Nous allons le saisir pour lui demander de bien vouloir instituer une commission pour régler cette question et régler les demandes d’indemnisations. Nous allons préconiser comme on avait fait avec le collectif des victimes des violences électorales”.

Il s’agira d’une “commission tripartie où il y aura le collectif des Diambars, des Ong, de la Société civile qui vont surveiller les représentants de l’État comme son Agent judiciaire (Aje) et quelqu’un du ministère des Finances. La mission que nous allons préconiser est que l’État puisse ordonner, pour la manifestation de la vérité, la déclassification de tous ces versements, de tout ce qui était relatif de près ou de loin à la comptabilité publique. Que l’État nous sorte les documents et qu’on laisse la commission travailler”, réclame le Collectif.

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