Veni ! Vidi ! Vici ! Mots criés au Sénat par Jules César triomphant sur un roi, 47 avant Jésus Christ
Je Suis Venu! J’ai Vu! J’ai Vaincu! Cri du cœur de Yoro Bâ, en Casamance, cette fin de décembre 2017.
Je suis (re) venu!
40 ans après, cela m’a enchanté de revoir la luxuriante Ziguinchor ou en effet jeune bachelier j’étaisvenu me soigner auprès des…chinois qui y faisaient des miracles en venant à bout de moult maladies aigues,particulièrementdisait-on de l’asthme (Paix a l’âme duCommandant de brigade de gendarmerie Sané qui avait accepté d’héberger un Jeune ’’Toumouranké’’, paumé-désargenté, de 20 ans venu dans cette contrée sans aucune attache amicale ou familiale ; l’hospitalité et la générosité de cette famille m’avaient touché et le paysage amazonien avait fini de me séduire ; dès lors je ne pouvais qu’aimer le diola et ce ‘’pays’’ de verdure.
Hé oui! Que d’eau! Que d’eau! Que de vert végétal! Que de chlorophylle!
Mes yeux en pétillent toujours et mes narines en palpitent encore!C’est avec frénésie que j’aidécidé d’y passer les fêtes de fin de cette année… sortante pour au moins trois raisons ; joindre l’utile àl’agréable car je devais y aller pour raisons d’affaires, en profiter pour faire un pèlerinage touristique mais aussi m’enquérir de visu d’une question citoyenne qui me turlupinait.
J’ai vu !
Après le rendez-vous d’affaires à Ziguinchor, nous avons fait ‘’toutes voiles dehors’’…. cap…. sur le Cap Skiring ou nous avons passé avec des amis français une nuit sublime faite de déclamations de poèmes et de contes dans une atmosphère iodée d’air marin, bercés par le flux et le reflux de la grande onde. Puis destination Abéné, Kafountine et Niafourang ; Abéné pour son mini festival, Kafountine pour son lieu saint et puis Niafourang. Pourquoi visiter Niafourang, une tête d’aiguille dans une botte… forestière alors que ce n’était pas prévu ? Comme lors du débat sur l’autosuffisance alimentaire, lorsque les tirs ont été nourris entre une opposition ‘’qui riz jaune’’ et un pouvoir qui ‘’riz blanc pour tous‘’, pour trancher à l’époque, je m’étais senti le devoir de suivre le cortège présidentiel pour me faire une idéepersonnelle, objective, claire et nette du sujet. Et au bout du compte, j’avais pu me rendre compte de la ‘’ véracité vraie’’ des chiffres du pouvoir avec ces milliers d’hectares emblavés de riz qui avaient surgi de…terre…. en seulement 2 ans.Mais qui ne se souvient du meurtre d’un sous-préfet dans la zone de Niafourang ? La curiosité tue mais le patriotisme rend téméraire ; et notre hésitation n’a duré qu’un bref instant. Aussitôt dit, aussitôt fait! Et nous délaissâmes la route nationale pour une piste sablonneuse.Quelle terre magnifique que cette étendue boisée, de vergers naturels densesd’arbres qui ploient sous la charge de fruits ! Ah, cette odeur fruitéequi enveloppe le tunnel de feuillages qui mène au cimetière des naufragés du Diola ! Un moment de recueillement et de prières pour nos compatriotes et nous voilà arrivéssous le fromager des grands évènements du village.
J’ai Vaincu!
J’ai vaincu ma soif de connaitre mais aussi mes préjugés envers mes semblablesdurant ce voyage.L’accueila été loin d’être d’emblée spontanément chaleureux ; au lieu de salamalecs d’usage comme de coutume, nous avons été cueilli d’entrée par une mitraillette…. de questions ; pas loin du halte-qui-va-la, une voix a tonné puis une autre :-Vous vousappelezcomment? Que cherchez-vous? Qui êtes-vous?Que venez-vous faire ici?Peul bouillant, oubliant que nousétions une minorité ‘’minime et infime’’, en milieu totalement inconnu, ne portant avec nous aucune espèceautre d’arme que notre innocence, dans cette foret épaisse de silence et propice aux tombeaux sauvages, je vociférai aux belliqueux du comité de cueillette ou d’accueil (C’est selon) : -Avant de poser des questionsà tout va, nos us etcoutumes, traditions et mœurs, voudraient que celui qui rejoint l’autre le salue, se présente avant de s’enquérir de quoi que ce soit d’autre. C’est à vous de vous présenterd’abord.
Heureusement que Allah a créé et équilibré ce monde par couples ; et dans chaque communauté, à côté des bileux et sanguins, il y a toujours des êtres mesurés et réfléchis et selon les circonstances, les uns et les autres changent de camps et de postures.Heureusement, une voix, des leurs, sage, pondérée et conciliante a tempéré les ardeurs; et lorsque ce fut mon tour, je demandai taquin :
• Voulez-vous mon nom court ou mon nom long ? Il me fut répondu : A ta guise ! Et coquin, je m’exécutai :
• Yoro, fils de Alhousseynou, fils de Samba Gaïssiry, fils de Dado, fille de Tacko, fils de Maladoy Coumba, fille de Hawa… Dia Ba, aimé des jeunes filles, jalousé des hommes et l’espoir des veuves.
Aucun de l’assistance entière ne put réprimer son fou rire ; ainsi explosèrent les carapaces et se brisa le miroir de glace. Ensuite, l’imparable cousinage à plaisanterie diola-sérère-poular (Le fétiche est esclave du diola, lui-même captif du sérère, lui-la captif du peul, lui-même esclave et serviteur de Dieu ! Charité ordonnée….) fit le reste, enfouissant au plus profond de la tourbe forestière les animosités improductives. (D’ailleurs, un député parmi les 3 ethnies devrait proposer une loi pour l’instauration d’une Semaine nationale de cousinage à plaisanterie avec concours et prix sur l’humour et la poésie, n’est-ce pas M. le Président-d’ethnie-double, MackySall ?)
Apres les salamalecs d’usage, leur ayant (dé) montré que nous n’étions ni de la multinationale du zircon ni du pouvoir, ni du Fbi ni de la Cia, ni journalistes, ni Ong mais simples mortels, patriotes, sans mandat de qui que ce soit, venus s’enquérir de la situation, les entretiens furent ensuitedétendus, délicieux et sincères.Il nous fut proposé et servi une visite guidée mémorable de ces lieux sublimes qui peuvent se lire ou…se déguster en tranches de merveilles : Vergers, village, rizières puis dune (l’objet du désir en gratin recherché, le zircon affleure la surface par une fine pellicule noire visible de l’œil averti) puis filets de bolong puis tranche de sable puis langue océane puis plage dorée puis grand bleu. Voilà le sand…wich de Niafourang-les Palétuviers, à déguster sans modération mais à ne pas croquer car, c’est connu, ‘’ croquer est source de bruit’’ et le bruit est nocif à la tranquillité de paix nécessaire et indispensable au développement. Sauf si conformément à la constitution, le propriétaire, le peuple, ce peuple, le nôtre, en décide autrement. Les personnes que nous avons rencontrées iciont été toutes très responsables et très patriotes, et surtout bien au fait de la problématique liée à ce type d’écosystème ; le village a des doléances non assouvies. Malgré cet… état de fait, les populations refusentobstinément que leur lutte soit dévoyée ou récupérée par d’autres et à d’autres fins ; pour ce que nous avons su parla presse, la position de gel de l’Etat est sage ; pour le peu qu’en savent les profanes que nous sommes, car n’ayant pasrencontré tous les protagonistes, l’approche a été biaisée par des esprits gauches ou malintentionnés, soufflets a deux bouches et oreilles attisant le feu qui couve dans l’âtre des cœurs ; ils sont nombreux à vouloir s’engouffrer dans la brèche pour… emporter la digue du bonheur qu’est la dune de zircon. Mais les populations sur le qui-vive veillent… au moindre grain car Il est question de risque de destruction massive de patrimoines divers : culturel, matériel et immatériel donc de vie et de mort de l’autre.L’Etat devrait se rapprocher davantage de ses citoyens et récompenser ces Sénégalais-là qui revendiquent clairement leur profond ancrage dans l’unicité de notre patrie et qui ont refusé de s’acoquiner avec d’autresformes de revendications toxiques.
En tous cas, moi j’ai vaincu mes préjugés et apriori sur un village qui serait simplement rebelle de développement et de surcroîtmanipule par des propriétaires blancs de campements. Le sujet d’abandon de racines identitaires est très sensible, mais Niafourang ne saurait refuser le développement. Il faut sous le fromager du village une démarche directe, totale et inclusive pour que les fromages murs tombent à l’aplomb des têtes de ses vrais fils. La raison prevaudra !
Du 28 Décembre au 3 janvier, en faisant la grande boucle, Dakar-Farafenné-Cap Skirring-Kafountine-Abene-Niafourang-Banjul-l’île de Sipo-Toubacouta-Dakar, j’ai vu,
J’ai vu, lors de ce périple l’état de certaines zones et cela m’a préoccupé. Tous nous devons sans discernement agir contre ceux qui veulent instaurer leur propre (in)justice mais aussi contre ceux-là qui assassinent nos forêts et nous amputent de nos poumons verts, de Casamance, de Tambacounda, de Keur Massar, des iles du Saloum et d’ailleurs. La forêt souffre du ‘’bois de la mort’’ et de mines silencieuses qui tuent inopinément, sans discernement et souffre du poison de cette herbe-là qui prolifère et tue. La lutte est nationale, transnationale et patriotique.
Plus aucun sénégalais ne doute du courage du Président pour avoir dit non à l’Amérique sur l’homosexualité, pour nous avoir soulagé du nabot de Kanilaï ; chères autorités délégataires, chers acteurs-tenants de la paix, chères aux Ong, dignes fils de Casamance et d’ailleurs, prenez, vous aussi, vos responsabilités et mettons de concert, sans enfreindre la loi, un coup de pied dans la fourmilière pour éviter que ce charmant pays ne devienne une pétaudière, avec tous ces écervelés de trafiquants et complices de tous acabits, ces fossoyeurs de la paix précaire ; il faut proscrire les scieries et surtout concomitamment responsabiliser les comités de vigilance villageoise (s)(pour la surveillance mais aussi pour la gestion d’un gaz butane…subventionné), instaurer une administration de type nouveau. Assumons tous, toutes nos responsabilités ! Soyons modèles de propreté, chacun dans son…domaine, soyons chantre de la transparence neutre, de l’équité et de la justice territoriale. Artisans de toutes factions de la paix, Gardiens du bien commun, unissons- nous face aux intérêts égoïstes ! Optons pour l’engagement résolu, continu et non en… dents de scie !!!
C’est le temps de l’action, mais quelques adages de rappel ne nous feront que du bien :
– ‘’Il faut couper le mal à la racine’’ (des arbres).
– ‘’Il faut leur couper l’herbe sous les pieds’’.
– ‘’Faute de bois, le feu s’éteint’’. (N’est-ce pas ?)
Quant au Président de la République, qu’il pleuve des hallebardes, qu’il neige du plomb ou qu’il vente des braises, le peuple lui sera à jamais reconnaissant de lui avoir délivré, pour toujours, son titre foncier permanent de propriété de ressources naturelles, lors du dernier referendum sur la constitution.
Que la lumière rasante et éclairante d’un jour nouveau jaillisse comme l’éclair pour une émergence paisible et partagée de tous. Que Vive le Sénégal, vert… jaune et rouge unis et réunis !
Yoro Bâ, Hann Bel-Air, agnamgodo@gmail.com
En l’honneur de nos faunes et flores, je vous invite à déguster ce poème :
Saveurs et frayeurs du sud par Yoro Ba Poète-Ingénieur
Contre le Juge-et-partie des plantations- contre- tentations,
Contre le feulement du prédateur qui corrompt,
La cloche sonna l’assaut contre le nauséabond ;
Ndama le taureau lui, meugla du fond du bolong
Ne pouvant plus contenir sa furie de désapprobation ;
Et les tecks et rôniers sifflèrent l’alerte contre les déprédateurs-faucons ;
Et la mangrove rempart-sentinelle s’érigea contre l’envol de la déraison ;
Et la rizière se mua en mer de cram-cram pour le parfait piège à cons ;
Et les palétuviers se dressèrent en rangs serrés contre le verbe diffus et abscons ;
Et m’enlisait le pied du vagabond, la vase du crabe collante à ses basques et à ses tongs ;
Et caquetèrent de joie dans la mare des complices, cannes, canards et canetons ;
Et douce la brise opposât ferme sa fraicheur fruitée à l’escadron.
Le développement appelle le respect, dénudé de dérision.
Car déferlera, à galops surs mais avec industrie, hors de tout plastron,
L’émergence annoncée au pays du kadiando et des lagons.
Du pont de Katakalousse aux hauteurs de Kabadio, retentira la corne d’abondance, de ses bas-fonds ;
Fuyant les lycaons, mon âme rebelle s’est irrésistiblement éthérée dès les dunes de l’horizon.
Paix aux âmes de nos disparus ! Et que les ondes du bonheur nous arrivent de Niafourang à foison.

Yoro Bâ, Hann Bel-Air, agnamgodo@gmail.com

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