De plus en plus présents sur le continent, les soldats américains ont pour mission de contrer la progression des mouvements jihadistes dans plusieurs États.
Quatre soldats des forces spéciales américaines ont trouvé la mort lors d’une embuscade au Niger au début du mois d’octobre. Un incident qui a mis au jour la montée en puissance de ces unités d’élite en Afrique.

La mission de ces soldats est de faire face à la progression des mouvements jihadistes : “neutraliser” les shebabs en Somalie, “affaiblir” le groupe État islamique au Sahel, en Libye ou en Égypte ou encore Al-Qaïda au Mali, et “contenir” Boko Haram au Nigeria, comme l’ont expliqué des responsables des Forces spéciales au siège de leur commandement (SOCOM) à Tampa, en Floride.
Autant d’interventions qui font de l’Afrique la deuxième zone d’intervention des forces spéciales américaines, après le Proche-Orient. Sur les 8.000 “opérateurs” des Forces spéciales américaines déployés chaque jour dans le monde en 2017, plus de 1.300 le sont en Afrique, et près de 5.000 au Proche-Orient, selon ces responsables. En cinq ans, leur nombre sur le continent africain a triplé: ils n’étaient que 450 en 2012.

Des soldats d’élite dispatchés en Afrique

Généralement, il s’agit d’une équipe d’une douzaine de soldats d’élite qui servent d’instructeurs à environ 300 soldats d’un État africain sur une période de deux à trois mois. Ils sont déployés par chaque jour dans une vingtaine de pays en moyenne. Si le SOCOM ne précise pas quels pays sont concernés, un rapport au Congrès du commandant des forces américaines en Afrique, le général Thomas Waldhauser, dévoile que les militaires américains sont notamment présents au Tchad, en République démocratique du Congo, en Ethiopie, en Somalie, en Ouganda, au Soudan, au Rwanda et au Kenya.

Les États-Unis soutiennent l’opération militaire française Barkhane dans cinq pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso), laissant à la France la tâche de mener le combat contre les groupes islamistes radicaux dans cette région avec les alliés africains. Les États-Unis ont notamment apporté du ravitaillement aérien pour les avions français et échangent du renseignement avec les forces tricolores.

Une opération mystérieuse

Officiellement, il ne s’agit pas d’une mission de combat, mais d'”entraîner, conseiller, assister”. Pourtant, divers épisodes ces derniers mois ont montré que les opérations menées allaient souvent bien plus loin : début mai, un soldat américain, qui officiellement assurait une mission de conseil et d’assistance de l’armée nationale somalienne, avait été tué par un tir d’armes légères dans un raid contre les islamistes somaliens.

Le ministre américain de la Défense, Jim Mattis, a défendu ce jeudi 19 octobre cette opération, expliquant que les soldats américains étaient là pour “aider les peuples de la région à se défendre eux-mêmes” contre les “terroristes qui sèment instabilité, meurtres et pagaille depuis cette région”.

Et l’opération menée le 4 octobre avec des soldats nigériens dans l’ouest du Niger, à la frontière avec le Mali, reste bien mystérieuse. Officiellement, la patrouille américano-nigérienne devait rendre visite à des chefs tribaux. Mais elle est tombée dans une violente embuscade qui a fait huit morts au total, dont quatre Nigériens et quatre Américains.

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