Libéré des quotas, le sucre européen retrouve le chemin de l’Afrique de l’Ouest. Les sucreries du nord de la France chargent actuellement leur sucre blanc dans des conteneurs vers le port d’Anvers. Destination : les ports de Cotonou et de Lomé.

Les sacs de sucre blanc français marqués des initiales « AT » pour « Admission temporaire », un statut particulier pour les emballages importés et réexportés aussitôt d’Europe, vont faire leur réapparition. Ces initiales sont même un argument de vente en Afrique, reconnaît-on chez Marex Commidities. Le sucre de betterave très blanc est préféré au sucre de canne brésilien raffiné qui est au mieux de couleur beige.

L’an dernier, pratiquement pas un grain de sucre européen n’avait rejoint l’Afrique de l’Ouest. L’Europe était encore limitée à 1,3 million de tonnes exportables, elle s’était contentée de fournir ses clients traditionnels : l’Algérie, Israël et le Moyen-Orient, la Suisse, la Norvège.

Cette année l’Europe pourrait doubler ses exportations car il n’y a plus de limite. Plus de limite non plus de production. Les betteraviers européens en ont profité pour étendre de 20% les surfaces, et ils vont tenter d’étaler jusqu’en décembre la récolte de betterave pour faire tourner le plus longtemps possible les sucreries et amortir les coûts de fonctionnement.

Un défi pour les machines qui risquent d’arracher autant de boue dans les champs que de betteraves ! Mais c’est une des clés de la compétitivité du sucre européen face au grand concurrent : le sucre de canne du Brésil, premier exportateur mondial. Le sucre européen a ses chances, même si les cours mondiaux sont bas : l’écart de prix entre le sucre blanc et le sucre roux s’est fortement réduit (autour de 50 dollars) ; le sucre roux du Brésil doit traverser l’Atlantique, le sucre blanc seulement la Méditerranée.

Le choix sera donc donné à l’Afrique. Elle est loin d’être autosuffisante en sucre, même si les filières locales de sucre de canne se développent du Sénégal à la Côte d’Ivoire et tournent déjà très bien au Cameroun et au Gabon, sans parler de l’Afrique australe. Mais le Nigeria importe à lui seul 1,5 million de tonnes de sucre par an.
source: RFI

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